
De la ville futuriste Néo-Tokyo, aux gratte-ciels étincelants signes de la réussite économique du pays, en passant par les quartiers populaires, les mangas dressent une cartographie détaillée de l’urbanisme pour une véritable invitation au voyage.
En 1990, Glénat publiait en France les premières pages d’Akira d’Otomo Katsuhiro. Et si l’on restait sans voix devant le rythme haletant de ce récit mené tambour battant, c’était également la découverte des ruelles dangereuses de Neo-Tokyo qui laissait entrevoir, pour l’une des premières fois, la richesse de la bande dessinée japonaise. Vingt ans plus tard, les mangas représentent un tiers des bandes dessinées vendues en France et se sont durablement installés sur le marché. Des manifestations comme Japan Expo attirent des dizaines de milliers de fans, qui se retrouvent désormais autour d’une « culture manga », largement empreinte d’une fascination pour le Japon.
Ce n’est pas étonnant, tant le pays transparaît dans sa production de bande dessinée. Alors que Tintin est installé à Moulinsart ou Spirou à Champignac, c’est souvent en plein cœur d’un Tokyo plus vrai que nature que les héros de manga vivent leurs aventures. Certes, on pourrait mettre l’utilisation de références photographiques pour les décors sur le seul compte des rythmes de production élevés des mangas. Cependant, il apparaît rapidement que la ville joue un rôle important dans ces récits, en particulier en tant qu’ancrage dans le réel, tant géographique que temporel.
D’ailleurs, ce n’est pas la ville mais les villes que l’on découvre : du Japon traditionnel des récits historiques aux visions futuristes des récits de science-fiction, des gratte-ciels étincelants de la réussite économique du pays à la shitamachi du petit peuple qui survit comme il peut. Les mangas dressent en filigrane une cartographie détaillée de l’urbanisme de l’archipel, pour une véritable invitation au voyage. Enfin, l’importance des mangas dans la culture japonaise les amène à rencontrer d’autres arts, dans un échange d’idées et de regards sur le monde. Et, dans un étrange retour des choses, les entraîne parfois à investir leur tour la ville.
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Les Maisons de l’Architecture du Nord-Pas de Calais, de Poitou-Charentes et la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image ont invité Xavier GUILBERT à assurer le commissariat de cette exposition. Xavier Guilbert a vécu cinq ans au Japon. Il est expert en stratégie de contenu chez Ubisoft pour lequel il travaille depuis 1996. Il est également critique de bandes dessinées et actuellement rédacteur en chef de du9 – l’autre bande dessinée (http://du9.org), considéré comme la référence critique en français sur Internet. Xavier Guilbert a publié en particulier des articles dans Le Monde Diplomatique et Neuvième Art, et a participé en tant que conférencier à des congrès nationaux et internationaux sur la bande dessinée (Troisième Université d’Eté de la Bande Dessinée, Angoulême ; Festival International de la Bande Dessinée, Angoulême ; Troisièmes Assises de la Bande Dessinée Indépendantes, Rennes ; International Bande Dessinée Society – Sixth Bi-Annual Conference, Londres, etc.). |
VERNISSAGE: Mardi 10 avril à 19H.
Visite guidée de Mangapolis par Xavier Guilbert, commisaire d’exposition.