Mercredi, 24 Novembre 2010 11:23

Cycle de conférences Art/Architecture

Écrit par  MDA
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Novembre 2010 à Mai 2011

L’École des beaux-arts organise des conférences ayant pour but de favoriser la compréhension de l’art contemporain et les liens avec notre quotidien. Ce cycle de conférences intitulé cette année « «Art / Architecture » », est proposé et animé par Rozenn Canevet. ll a comme thématique générale les rapports qu’entretiennent l’art et l’architecture.

Le cycle a été monté en partenariat avec les musées de Poitiers et la maison de l’architecture.

Les conférences ont lieu à 19h15 à l’auditorium du Musée Sainte-Croix, 61, rue Saint-Simplicien à Poitiers. Sauf celles du 21 avril et du 12 mai qui auront lieu à la Maison de l’Architecture, 1 rue de la tranchée.

Entrée libre et gratuite.

Vous pouvez aussi télécharger le programme des conférences de l’année au format PDF en cliquant ici.


jeudi 18 novembre 2010


Les mouvements d’avant-garde : de l’objet à l’environnement
Dans son ouvrage désormais canonique  » Passages, une histoire de la sculpture de Rodin à Smithson (1997″), Rosalind Krauss nous dit que « toute organisation spatiale contient une assertion implicite quant à la nature de l’expérience temporelle ». Si dans la logique moderniste, le temps a longtemps été subordonné à l’espace, les avant-gardes du 20ème siècle vont contribuer à inverser cette hiérarchisation. Assemblages, détournements, compressions, répétitions, fétichisation, combinaison, déconstruction, sérialité, narrativité… Certes, l’énumération des procédés qui participent à façonner l’évolution de la sculpture ne peut ambitionner l’exhaustivité. Néanmoins, tous témoignent de cette dynamique processuelle sur la forme, les matériaux, les couleurs. Cette dynamique mènera la sculpture à un champ élargi d’expérimentations, dont la logique extensive décloisonnera les limites modernistes et opérera un changement d’échelle bien particulier : celui de la sculpture comme objet à l’environnement comme objet.





jeudi 9 décembre 2010


Art et architecture : un conflit fertile
L’art et l’architecture ont toujours entretenu des relations de vis-à-vis, fondées à la fois sur le dialogue mais aussi sur le conflit, l’opposition, voire la destruction. En 1910, Adolf Loos distinguait l’œuvre d’art de l’architecture sur un critère de fonctionnalité : « L’œuvre d’art arrache les hommes à leur commodité. La maison ne sert qu’à la commodité. L’œuvre d’art est par essence révolutionnaire, la maison est conservatrice. […] Mais alors la maison ne serait pas une œuvre d’art ? L’architecture ne serait pas un art ? Oui c’est ainsi. » La fin des années soixante va voir surgir une série de productions artistiques qui s’attaqueront aux dogmes établis par l’architecture sur un mode tant idéologique que physique : des artistes tels que Gordon Matta-Clark ou Robert Smithson mettront en pièces, au sens propre comme au sens figuré, des architectures, d’autres iront jusqu’à les brûler, les faire exploser pour opposer à leur pérennité établie une certaine fragilité. Ces actes fondateurs résonnent encore dans la création contemporaine qui convoque la précarité et l’éphémère comme formes créatrices, témoignant d’un conflit éminemment fertile.




 


jeudi 13 janvier 2011


Mouvements radicaux : au carrefour de l’art, l’architecture et du design
Qu’est-ce qu’on nomme l’architecture radicale ? Le célèbre critique d’art italien Germano Celant l’a définie en ces termes au début des années soixante-dix : « c’est une architecture qui n’a aucune intention de devenir tributaire du client ou de devenir son outil : elle n’offre que des attitudes idéologiques et comportementales. » Un de ses protagonistes majeurs, Andrea Branzi, en parlait en 1972 comme « des expériences souvent de lecture difficile, qui possèdent la caractéristique commune de se situer au-delà de la ligne droite professionnelle, et de relancer souvent en direction contraire une sorte de refondation radicale de toute la discipline architecturale. » Si ce mouvement s’est affirmé sur un rapport critique des relations de l’individu et de son environnement selon des modalités spécifiques, quels en sont aujourd’hui les héritages et les filiations ? Peut-on parler aujourd’hui de postérités de l’architecture radicale dans le contexte artistique contemporain ?




 


jeudi 24 février 2011


Du point de vue à l’ambiance :
En mettant à mal l’hégémonie du régime scopique au profit d’une immersion sensorielle dans la réception de l’œuvre d’art, la seconde moitié du XXème siècle a mis l’accent sur la relation physique et psychologique de l’individu à son environnement.
En prenant comme fil rouge la notion d’ambiance, on s’intéressera aux différentes questions qu’elle implique des années cinquante à nos jours. Les conditions d’expositions, l’art de l’installation, les questions de dématérialisation de l’œuvre d’art seront convoquées. On tentera de comprendre pourquoi la déclinaison des formes d’ambiance s’avère fondamentale d’un point de vue artistique certes, mais aussi technologique et idéologique. Par ailleurs, à l’heure où l’artiste se dit architecte, le designer artiste et l’architecte designer, on verra en quoi cette notion est un véritable paradigme qui a favorisé l’essor et la réciprocité de leurs pratiques.




 


jeudi 17 mars 2011


Expérimenter et parcourir l’espace urbain : du privé au public et vice versa.
L’architecture a souvent été décrite comme un outil de contrôle sur l’environnement, à l’échelle du territoire comme à celle, domestique, de l’individu. Cette question de l’habitabilité de l’espace privé et public, de la transition du réseau social à l’isolement, a fait l’objet de nombreuses productions critiques de la part d’artistes tels que Vito Acconci ou Dan Graham, par exemple. Sous la forme de performances, de propositions conceptuelles ou d’installations, ces artistes ont initié une réflexion sur l’espace urbain et la porosité des limites établies. Par ailleurs, nombre d’artistes ont initié un certain nombre de performances dans l’espace public, convoquant l’urbanisme, sa rationalité et ses aberrations, au cœur de leurs productions. Aujourd’hui, face aux nouvelles technologies, qu’en est-il de ces frontières et de ces limites ? Plus que de surfaces parcourables, ne peut-on parler d’interfaces habitables et ce, sur le mode individuel comme collectif ?




 


jeudi 21 avril 2011

Maison de l’architecture


Art, architecture et paysage :
Le paysage est-il un artefact, un artifice, une forme de domestication de la nature ? Selon le philosophe italien Rosario Assunto, le paysage est ce qu’il faut étudier car ce concept non seulement coïncide avec ceux de territoire et de milieu, mais de plus, possède intrinsèquement toutes les caractéristiques qui, sur le plan conceptuel, définissent ces deux derniers. A la fois lieu de mémoire et lieu en devenir, la temporalité du paysage est à l’égal de son potentiel de mutation. Sédentaire et enraciné, son ancrage au territoire n’exclue jamais le nomadisme, l’errance. De cette condition paradoxale, la création contemporaine semble y voir une ressource inépuisable. Oscillant entre exotisme idyllique et engagement environnemental, hybridant technologies de pointes et nature exubérante, l’investissement du paysage par les artistes et les architectes contemporains reste l’objet de toutes les conquêtes.




 


jeudi 12 mai 2011

 

Maison de l’architecture


Sculpture et architecture :
En 1963, Michel Ragon nommait « architecture-sculpture » une série de réalisations de divers« artistes-architectes revendiquant l’organicité des formes comme forme d’exploration architecturale. Déjà présente dans la Endless House de Frédérick Kiesler (1947-1961), cette hybridité des genres marquait un véritable engouement pour l’expérimentation et le décloisonnement des disciplines. Sans doute est-ce cette même attirance pour l’affranchissement des codes établis qui mènera Ettore Sottsass à quitter la sphère industrielle pour initier à travers un parcours nomade une réflexion sur la construction et l’objet, l’architecture et le design dans sa série Design Metaphores (1972-1977). Aujourd’hui encore, la limite entre sculpture et architecture semble parfois ténue, comme en témoignent nombre d’artistes contemporains dont le travail, par-delà les caractéristiques formelles et conceptuelles, revendiquent cette même esthétique dialogique.

Dernière modification le Vendredi, 08 Juillet 2011 09:05

MDA